Qui n’a jamais songé le soir avant de s’endormir à faire autre chose de sa vie, qui n’a jamais pensé dans un moment difficile à partir loin et tout changer, qui ne s’est pas demandé une fois si il était vraiment fait pour faire ce qu’il fait ?

On lit beaucoup d’histoires et de conseils pour changer sa vie mais concrètement, quelles sont les bonnes questions à se poser ? Quels sont les critères déterminants pour savoir si il ne s’agit que d’un souhait passager dans un moment de lassitude ou d’un réel besoin profond de se réaliser autrement? 

 

Mais surtout comment choisir le bon moment et construire son nouveau projet de vie ?

J’ai changé de vie, j’ai changé ma vie, alors laissez-moi partager avec vous mon expérience

1 – Avez-vous déjà pensé à changer de vie ?

Changer de vie est une expression radicale. Elle peut faire peur ou bien devenir une idée excitante à certains moments de notre vie. Mais cela peut concerner différents domaines et tout ou partie de son mode de vie.

S’agit-il de changer de lieu de vie, de région, de pays voire de continent ? Ou bien de changer de maison, de conjoint ou encore de job ? S’agit il de changer son alimentation, se mettre au sport ou encore chercher à faire évoluer un aspect de sa personnalité ? Je n’en suis pas sure. Pour parler de changer sa vie, il faut bien prendre conscience de la consistance du concept. Il s’agit d’opérer une transformation de tous les aspects de sa vie nécessaires à l’accomplissement de sa propre existence toute entière, de se rapprocher le plus possible et de la façon à la fois la plus pertinente et la plus pragmatique de qui l’on est profondément, dans un projet global, construit et avec des objectifs clairs. Pour illustrer cela, je vais vous raconter comment tout a commencé pour moi.

 

J’ai mené les 30 premières années de ma vie de façon réfléchie et plutôt réussie sur le papier. J’ai fait de hautes études tout en construisant une carrière solide, pleine de succès et enrichissante sur tous les plans. J’avais des amis, des passions, une belle voiture bref, je n’avais aucune raison aux yeux du monde de me plaindre et j’avais de quoi faire des envieux. Pourtant, j’avais le sentiment d’avoir une progression de l’ordre du « social », dans le sens ou cela ne me comblait pas et j’avais besoin de courir toujours après autre chose, sans savoir vraiment quoi. Ma vie n’était du coup que travail et je pouvais m’y perdre… jusqu’à ce que mon corps me lâche ! C’était en 2008, un diagnostic qui m’a fait prendre conscience, à 30 ans, que tout pouvait s’arrêter demain. Curieusement, je n’ai pas été vraiment surprise ni même effrayée. Je ne parle pas des traitements bien sur, mais de ce qu’il se passait. Comme si il fallait que quelque chose arrive pour me forcer à prendre du temps, du recul, plonger au fond de moi même. Passé le choc de l’annonce, j’ai regardé ma vie et j’ai rapidement compris qu’elle ne serait plus jamais pareil et qu’elle devait changer. Car les mêmes causes produisent les mêmes effets mais surtout, j’étais passée à côté de moi-même. Cela m’a pris 5 ans pour pouvoir mettre cela en œuvre, mais ça, c’est la suite de l’histoire…

2 – Quelles sont les bonnes et les mauvaises raisons de le faire ?

L’être humain est une machine complexe qui avec la conscience qui le caractérise, est toujours dans une ambivalence dans ses décisions. En effet, il est à la fois fait pour agir et être en mouvement perpétuel, mais en même temps réfractaire au changement. C’est ce qui fait que changer de vie reste le plus souvent à l’état de fantasme.

La réalité, c’est qu’il y a toujours des raisons de ne pas le faire :

On se dit qu’il est trop tard, qu’on est coincé par un crédit, qu’on a une famille à charge mais aussi que personne ne nous comprendrait. Et tout cela peut s’entendre. Il ne s’agit pas de « tout foutre en l’air » mais bien de construire un projet pour soi. Car on ne change pas qui l’on est et en aucun cas on ne souhaite abandonner son entourage ou les choses qui nous comblent.

Pour savoir si vos motivations sont profondes, vous pouvez tout simplement prendre un temps pour écrire sur un papier ou votre smartphone :

- A gauche ce qui vous convient dans votre vie, à droite ce qui ne vous ne vous convient pas

- Essayez ensuite de classer ce que vous avez noté dans chacune des colonnes par ordre d’importance pour vous.

- Après cela, notez en face de ce qui ne vous convient pas ce que vous voudriez faire à la place, sans penser aux obstacles.

- Enfin, relisez ce que vous avez écrit en dernier et demandez vous « si je réalise ce que j’ai écrit et que je devais faire le même exercice dans 10 ans, serais-je épanoui, comblé ?

 

C’est un point primordial à éclaircir, au delà de savoir ce que vous voulez faire. Pour ma part, je ne renie pas mon ancienne vie, je ne la dénigre pas, ne la regrette en aucun cas. J’ai vécu de belles expériences et fait de belles rencontres. Mais je ne regarde jamais derrière moi et même dans les moments difficiles, à aucun moment je ne reviendrais en arrière. Je suis faite pour ce que je fais maintenant et je me sens à ma place!

3 – Comment passer à l’action ?

Ca y est, vous êtes prêt ! Alors comment faire que ce changement de vie devienne une réalité ?

Et bien d’abord, enfilez votre costume de chef de projet. Méthode, moyens, délais, gestion des aléas, tout doit être passé en revue de façon rigoureuse et respecter des étapes clairement identifiées.

Dans mon cas, je savais que je voulais partager ma propre expérience et les bienfaits de ce que je m’étais appliquée à moi même pendant mes traitements et ma convalescence. Mais il m’a fallu :

  • Définir concrètement un champ d’action, une cible et un métier dans lequel m’inscrire (le bien être au travers de l’adaptation de protocoles d’exercices réguliers, en lien avec le corps médical et l’expression de soi),
  • Reprendre mon travail et continuer ma carrière (je me suis investie à 200% à mon retour d’arrêt maladie et suis restée moi-même, c’est à dire quelqu’un de loyal, d’ambitieux pour l’entreprise et moi-même. A aucun moment, je n’ai réduit mon engagement ou mon ambition au profit de mon futur projet, c’est important)
  • Réaliser ma propre rééducation en parallèle (une rééducation physiologique et une mise à distance psychologique de ce qui m’était arrivé),
  • Identifier le cadre règlementaire et les diplômes à passer pour exercer mon futur métier (un diplôme d’enseignement sportif, une formation à la faculté de médecine en tant qu’art thérapeute puis une spécialisation en médico-sportif, le tout sur 2 ans),
  • Me préparer à cette phase de transition et établir un budget pour réunir les fonds nécessaires (prévoir le cout de la formation, les revenus à générer progressivement durant les 2 années de formation et la réduction drastique du train de vie comme pour tout créateur d’entreprise pendant les 3 premières années au moins, ne nous mentons pas),
  • Réaliser un business plan et définir les outils et moyens à mettre en œuvre,
  • Identifier le moment du passage à l’acte. Pour ma part, encore une fois, mon corps à parlé pour moi et c’est au pied du mur que j’ai du quitter avec beaucoup d’émotion mes anciennes fonctions de directeur des achats et services généraux.

 

 

Rien n’est gratuit, et rien ne s’obtient sans action, sans travail ni, il faut être lucide et honnête, sans imprévu. Seule la passion et la détermination pourront vous faire tenir dans la durée. Un conseil dans les moments difficiles, ne perdez jamais de vue votre objectif ! Le temps ne s’arrête jamais et les choses bougent d’elles mêmes, à condition de rester présent, en alerte et convaincu !

Je suis tombée malade en 2008, j’ai été en traitements lourds pendant 1 an, j’ai pu commencer ma rééducation en 2010, j’ai quitté mon ancienne carrière fin 2012, obtenu tous mes diplômes en juillet 2014 puis ma spécialisation en juillet 2015.

A ce jour, j’ai fait reculer des séquelles que l’on disait irréversibles et je conçois et déploie enfin mes concepts innovants toujours avec ferveur et conviction, en conjuguant mes expériences en entreprise et mon savoir faire actuel. Et je peux dire sans rougir que sans philanthropie ni cupidité aveugle, je vise à les faire partager au plus grand nombre. Parce que je ne triche pas, et que je l’ai vécu, je l’ai fait ! Retrouvez mon témoignage repris dans la presse spécialisée "La lettre des achats" ci-dessous.

Vous détenez les clés, vous seul savez ce qui est bon pour vous et ce que vous pouvez apporter de meilleur. Alors, pourquoi pas vous ?