Si le mot stress est un peu galvaudé, il est néanmoins présent à l’Université, comme en entreprise. Selon une étude récente, 54% des étudiants se considèrent avec un niveau de stress élevé (1). C’est un sujet d’autant plus préoccupant que de nombreuses études indiquent également un stress ressenti plus important en grandes écoles. L’Université Paris Dauphine n’est donc pas épargnée. C’est pourquoi, sous l’impulsion de la vice présidence, j’ai pu élaborer sous l’égide du Service des Sports, en collaboration avec la Vie étudiante, à proposer un accompagnement à ses étudiants dès la rentrée 2016.

Alors pourquoi, comment, et quels sont les premiers retours des sessions de ce premier semestre? 

 

Le stress c’est quoi? Pourquoi?

            Le stress est à la base un mécanisme naturel de réaction à un évènement, un facteur, un stimulus dit « stresseur » pour rétablir l’équilibre et protéger ainsi l’organisme. C’est donc à la base un phénomène physiologique tout à fait normal, tout comme nos ancêtres pouvaient décider de fuir ou de combattre pendant la chasse et disposer ainsi ponctuellement des ressources nécessaires. On parle de « phase d’alarme » qui implique une cascade de mise en route rapide et intense de mécanismes neuronaux, hormonaux, psychologiques, … qui sont expliqués lors des ateliers.

            Dans nos sociétés modernes, on constate fréquemment soit un maintien de cet état dans la durée, soit le déclenchement de ces réponses à trop forte intensité alors qu’il n’y a pas de réel danger. On parle d’une possible évolution vers un stress chronique, une réelle anxiété et une symptomatologie associée directement ou indirectement. Par exemple, si les étudiants se disent globalement en « bonne santé », beaucoup d’entre eux avouent souffrir de troubles du sommeil (2). 

            Mais ce n’est pas tout : divers symptômes physiques à plus ou moins long terme (troubles digestifs, sensibilité aux infections, troubles musculo-squelettiques, hypertension artérielle, déclenchement ou accélération de maladies génétiques ou systémiques) et/ou psychiques (troubles anxieux jusqu’à la dépression, consommation excessive de médicaments ou de substances addictives, troubles du comportement alimentaire). Dans cette même étude, on parle de 15% de consommation excessive d’alcool, tabac ou cannabis mais aussi de 10% de consommation régulière d’antidépresseurs ou tranquillisants.

            Pourtant, le stress est non seulement un mécanisme naturel comme je le disais plus haut mais aussi un acteur de performance. On dit même que l’absence de stress donne lieu à des phénomènes contreproductifs comme le « bore out » récemment évoqué dans la presse. Il s’agit donc, dans ces ateliers de comprendre, intégrer, accepter, gérer et optimiser son stress pour en faire un allier dans ses études mais aussi pour toute sa vie.

Comment faire?

            L’idée est simple : 2 ateliers de 2 heures à quelques semaines d’intervalle pour apprendre à connaitre et gérer son stress et en faire un allier grâce des outils simples et concrets! La formule magique n’existe pas mais il est possible d’utiliser différentes stratégies pour y faire face positivement.

            En petit groupe de15 à 20 étudiants, nous proposons 2 sessions par semestres, afin de donner la capacité à tous de l’intégrer dans leur emploi du temps, et la possibilité de nous contacter à tout moment entre les ateliers ou après pour un accompagnement individuel. En effet, le suivi dans le temps est important et c’est pour cela que les ateliers se déroulent en 2 étapes, pour pouvoir mettre en œuvre les outils, approfondir et personnaliser encore plus les impacts positifs et les ancrer dans la durée.

            Pour cela, nous nous appuyons sur :

1/ Une approche pluridisciplinaire

  • Un éducateur médico-sportif, mouvement thérapeute, enseignant au SUAPS et ancien cadre dirigeant avec 15 années de carrière en entreprise
  • Le médecin psychiatre de l’établissement

 

2/ Une boîte à outils "pratico-pratique"

  • Des outils organisationnels pratiques afin de travailler sur la gestion du temps et des priorités
  • Des outils de préparation, mentale ou physique, pour faire face tout au long de l’année aux situations/évènements/émotions rencontrés. Par exemple, une étude menée lors d’une thèse en psychologie clinique et pathologies, sur l’anxiété et la qualité de vie des étudiants en grandes écoles (2011) a mis en évidence une corrélation entre l’estime de soi et la santé psychologique.
  • Des outils de gestion du stress pour les situations d'urgence

 

3/ Une approche pédagogique interactive et optimisée dans le temps

  • Des outils vidéo
  • Des mises en application directes
  • Des jeux de rôles
  • Des échanges permanents

 

4/ Un suivi dans le temps, comme évoqué plus haut, ainsi qu’entre les 2 ateliers.

 

Ca donne quoi?

            Malgré le délai très court pour faire connaitre l’atelier au premier semestre, une dizaine d’étudiants a pu bénéficier de ces ateliers avec des retours positifs :

  • Des échanges fructueux
  • Des étudiants impliqués tout au long des 2 ateliers
  • Une utilisation des contenus
  • D'autres étudiants intéressés autour d’eux

 

            Voici le témoignage d’un(e) étudiant(e) suite à cette première session :

"Je voulais vous remercier de ces deux sessions auxquelles je ne regrette pas d'être allé. Vous m'avez donné ce que je voulais : des méthodes concrètes pour lutter contre un stress qui rend souvent la vie difficile. Je m'étais inscrit car je suis victime d'un grand trac. Merci encore à vous pour cette belle expérience."

 

Vous l’aurez compris, le mot « stress » n’est pas un gros mot. Bien au contraire, intégré dans une démarche d’accompagnement positif, il reste un atout et les outils enseignés lors de ces ateliers seront des cartes en plus pour toute la scolarité. Et quand on sait que Dauphine forme entre autres les dirigeants de demain, alors même que 55% des dirigeants déclarent avoir des journées stressantes (3), donner la possibilité aux étudiants de s'armer dès leur scolarité est un atout de plus pour leur carrière.

(1) Etude « Doing good doing week » (IPSOS 2013)

(2) Etude USEM + FNORS sur 13193 étudiants (2007)

(3) Enquête « Santé des dirigeants » (MMA/Opinion way 2015)


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